Conséquences des changements climatiques sur la vie des nomades mongols

Le nomadisme est un mode de vie basé sur le déplacement et consiste pour les éleveurs mongols à alterner camps d’été et camps d’hiver, à la recherche constante de pâturages pour les bêtes. Le pastoralisme dépend d’un équilibre complexe entre éleveurs, troupeaux et environnement. Ces dernières années, cet équilibre tend à se fragiliser. Les changements climatiques en Mongolie sont de plus en plus fréquents et intenses et ne sont pas sans conséquences pour la vie des éleveurs nomades.

Les Dzuds

En raison de sa situation géographique, la Mongolie endure un climat continental extrême. Les hivers sont froids et empêchent des chutes de neige importantes tandis que les étés sont chauds mais courts. Les dérèglements climatiques perturbent cet équilibre ; en Mongolie, on appelle ces dérèglements des “dzuds”. Normalement très espacés dans le temps, les dzuds sont maintenant plus fréquents et causent parfois la mort de plusieurs millions de têtes de bétail sur un même hiver. Les dzuds prennent différentes formes :

Le dzud noir :

Il s’agit d’une absence totale de neige. Sans une petite couche de neige qui protège le sol du gel, les animaux se heurtent à la glace. Si cette couche de glace devient trop épaisse, ils n’arrivent plus a atteindre l’herbe pour se nourrir. De plus, sans protection, l’herbe se dessèche et les animaux se retrouvent avec un pâturage de terre.

Le dzud blanc :

A l’inverse, un hiver plus doux est propice à une couche de neige trop importante sur le sol, empêchant les animaux de brouter. 

Le dzud gris ou de glace :

Le dzud gris provient d’une variation de température importante et rapide ; une hausse des températures fait fondre la neige avant l’arrivée d’un grand froid. Une épaisse couche de glace se forme ensuite, empêchant ici encore les animaux de se nourrir.

Sécheresse et migration

Les changements climatiques assèchent les pâturages mongols. L’herbe se fait de plus en plus rare, poussant les éleveurs nomades à quitter rapidement leur camp d’été. La sécheresse oblige de nombreuses familles d’éleveurs à modifier leur itinéraire et à s’installer dans de nouvelles contrées. De nombreux nomades doivent alors partager une même terre, souvent autour des points d’eau. Les troupeaux se mélangent et des vols d’animaux provoquent des tensions entre les familles. 

Dû aux changements climatiques, il arrive aussi que les animaux d’élevage migrent naturellement et prématurément vers d’autres camps. Beaucoup d’entre eux se perdent et périssent. 

Un mode de vie qui se perd

Ces nouvelles difficultés dues aux changements climatiques en Mongolie mettent en danger la pérennisation du nomadisme. Beaucoup de familles d’éleveurs se sédentarisent autour des grandes villes dans l’optique de trouver un travail moins pénible. Elles se retrouvent malheureusement souvent dans des bidonvilles. D’autres familles changent d’activité et s’essayent à l’agriculture, abandonnant la yourte pour un habitat en dur et permanent.