Le cheval de Przewalski, dernière espèce d’équidé sauvage sur terre ?

Le cheval de Przewalski (takh en mongol) serait la dernière espèce de cheval sauvage recensée sur terre. Quelques spécimens ont été aperçus en 1969 en Mongolie avant d’être éliminés ou retenus en captivité. Depuis 1992, 350 chevaux de Przewalski ont été réintroduits en Mongolie par diverses fondations et associations. L’association française Takh est l’une des actrices principales de ce mouvement.

Retour sur son origine

Il y a peu, on pensait que le cheval de Przewalski n’avait jamais été éduqué et avait toujours vécu à l’état sauvage. De récentes études* suggèrent que ce spécimen fut domestiquée il y a 5 500 ans au Kazakhstan. Le cheval de Przewalski serait la descendance des équidés de Botai, la plus ancienne espèce domestiquée. Selon ces scientifiques, il n’existe plus aucune espèce de chevaux sauvages sur la planète. Le cheval de Przewalski caractérisé par sa petite taille, sa robustesse, sa grosse tête et sa crinière hérissée aurait donc été éduqué il y a bien longtemps avant de tracer son propre chemin, en liberté totale. Jusqu’à récemment…

“Le cheval de Przewalski n’a peut-être jamais été une espèce sauvage […] il reste l’équidé vivant ayant vécu le plus longtemps à l’état sauvage.”

En captivité

En 1879, un explorateur russe du nom de Nikolaï Przewalski aperçoit une étrange espèce de cheval dans le désert de Gobi, en Mongolie. Après cette découverte inédite, le nom de “cheval de Przewalski” voit le jour. Mais aussi sa descente aux enfers. Pendant près d’un siècle, les chevaux de Przewalski sont chassés pour leur viande mais aussi capturés. De nature sauvage, ils ne se laissent pas apprivoiser et beaucoup sont abattus. 14 chevaux, principalement des poulains, survivent et sont transportés en Europe pour être placés dans des zoos. À partir de 1969, le cheval de Przewalski à l’état sauvage n’est plus.

De retour sur leurs terres natales

20 ans plus tard, la population de chevaux de Przewalski retenue en captivité atteint 1000 spécimens. Entre temps, fondations et associations de préservation du cheval de Przewalski se forment, notamment l’association française Takh. Ces organismes participent à des programmes de réintroduction du cheval en Mongolie. D’abord libérés des zoos, les chevaux sont placés dans d’immenses parcs en semi-liberté pour se réadapter à la vie sauvage et réapprendre à vivre en communauté. Entre 1992 et aujourd’hui, non loin de 350 chevaux ont été réintroduits dans divers parc nationaux mongols.

L’association Takh

L’association Takh voit le jour dans les années 80. Sa fondatrice, Claudia Feh, étudie les comportements de plusieurs espèces de chevaux vivant en semi-liberté : liens sociaux et familiaux, rituels, interactions de dominance… Le cheval de Przewalski serait unique en son genre en formant aisément des coalitions de groupe. Après plusieurs années de réadaptation en milieu sauvage à Villaret dans le cœur du parc National des Cévennes, 22 chevaux de Przewalski ont été réintroduits dans le parc national de Khar Us Nuu à l’ouest de la Mongolie. Takh fête en 2020 la naissance du 100ème cheval vivant à l’état sauvage sur les terres mongoles !

Takh et Les voyageurs solidaires

Le cheval de Przewalski n’a peut-être jamais été une espèce sauvage génétiquement parlant. Mais une chose est sûre, c’est qu’il reste l’équidé vivant ayant vécu le plus longtemps à l’état sauvage. Il est primordial de protéger cette espèce. Conscient de l’impact que peut avoir nos randonnées à cheval sur le territoire mongol, Les voyageurs solidaires s’engagent à soutenir Takh dans ses actions. Un partenariat est en cours d’élaboration avec l’association et nous sommes heureux de participer à la préservation d’une telle espèce !

En savoir plus sur l’association Takh et n’attendez plus pour découvrir la Mongolie à cheval !

*Étude menée par Ludovic Orlando et son équipe de chercheurs du CNRS ainsi que l’Université de Toulouse-III-Paul-Sabatier, publiée le 22 février 2018 dans la revue Science.